 Pouchkine et F. Junod
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 L'automate qui écrit: "Je t'aime"
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 Pouchkine |
 Les curieux |
 Le vigneron Alain Chollet (transformé en machine!) |
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Sur scène, Bruno Giussani nous avait annoncé: "j'ai visité le laboratoire d'un magicien à Sainte-Croix". François Junod, automatier, correspond aussi à ce qualificatif. Dans un petit film qui lui est consacré, diffusé au Forum des 100, il présente un Pouchkine automate qui rédige des poèmes de manière aléatoire. La machine lui demande beaucoup de recherches: il mentionne une vis sans fin de très bonne qualité, tirée d'un phonographe des années 20. Au total, 4000 pièces "sans compter la marqueterie et la boiserie", 80 cm de haut et 60 kilos. Un travail entamé en 2003, sans pour autant que le Saint-Crix y travaille tous les jours.
Après le film, l'artiste monte sur scène. Il travaille tout aussi bien dans le monde traditionnel, avec des automates habillés et de la mécanique pure, que dans le monde de la robotique, avec l'électronique. Les dimensions varient aussi: son "magicien" présenté au public fait apparaître et disparaître des oiseaux de 1 cm. Alors qu'il a construit, dans la banlieue de Madrid, une machine énorme, qui comprend notamment un cheval de 2 mètres 50 et 28 cloches.
A côté de moi, tout au fond de l'Amphimax, Nicolas Bideau se pose "la" question. "Mais comment vit-il? Et combien coûtent ces pièces?"
A la pause de midi, je repose ces questions à l'automatier, venu avec plusieurs de ses créations. "Je n'ai jamais eu de voiture neuve, indique-t-il. Et à Sainte-Croix, les loyers sont modestes." Avec ses machines, l'atelier de François Junod et son équipe nécessite de la place. Il lâche quelques prix: au moins un million pour le Pouchkine, et autour de 100 000 francs pour "le magicien". Mais il s'agit, dans ce dernier cas, de 17 mois de travail.
Qui sont ses clients? Pour le "Pouchkine", l'artiste a été contacté par le net. Le commanditaire est un Californien actif dans les hi-tech. "Il pensait que mon métier n'existait plus." Le Saint-Crix parle aussi d'un industriel à Saint-Gall, qui s'est offert un automate.
Face à ces créations, on se sent comme des gosses le matin de Noël. Il suffisait de voir les regards des curieux, la lueur qui brillait dans l'oeil de Bertrand Cardis (Décision), Carlo Munari (NetExpert) ou d'Eric Balet (Téléverbier) pour se rendre compte de l'intérêt que suscite le travail de François Junod et de son équipe. "Junod est un Martien. J'aime bien les Martiens, et c'est bon de les voir," fait remarquer Nicolas Bideau.
Un automate écrit "je t'aime" à la plume, sur un morceau de papier. "C'est génial, c'est tout", résume Eric Balet.
David Spring
PS: pour enrichir la liste des 100, L'Hebdo demande aux personnes qui en ont fait partie les années précédentes de proposer des noms et de rédiger des textes de présentation. L'occasion de "placer des copains"? Une petite histoire pour démentir: à côté des automates de François Junod, je croise l'artisan de la vigne et du vin Alain Chollet, qui figurait dans la liste 2007.
Pourquoi? Parce qu'Arjen Lenstra, sommité de la cryptographie, professeur à l'EPFL et l'un des "100" de 2006, l'a proposé. C'est tout simple: le chercheur d'origine hollandaise a reçu un jour un cep de vigne, sur un vignoble d'Alain Chollet. Les deux hommes ont sympathisé. C'est ainsi que de fil en bouchon, Alain Chollet se retrouve invité aux "100", édition 2007.
A son tour, l'artisan a proposé une personnalité pour la liste 2008: Olivier Ray, président de l'Association romande des familles d'enfants atteints d'un cancer. De plus, Alain Chollet a rédigé un très beau portrait d'Olivier Ray, à lire en page 63 de L'Hebdo de ce jour.
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