Le président de l'EPFL Patrick Aebischer présente le Learning Center, la toute nouvelle bibliothèque de l'EPFL à l'architecture surprenante en forme de vague.
Aux questions du rédacteur en chef de L'Hebdo Alain Jeannet, Patrick Aebischer se réjouit de l'impact de cette réalisation architecturale au sein de la société. "Ces derniers jours, je vois tant de monde sur mon campus, la cité vient jusqu'au lieu de savoir, et cela constitue un vrai succès pour moi." Pour le président de l'EPFL, le Learning Center a réussi à s'ériger en bâtiment d'identification, comme le Guggenheim, par exemple. S'il reconnaît le côté "bling-bling" de ce type de réalisations, cela ne repose pas sur du vent pour autant. Patrick Aebischer rappelle que l'EPFL reçoit un nombre phénoménal de bourses européennes, preuve de la qualité de sa recherche.
A sujet de la concurrence entre les EPF de Lausanne et de Zurich, Patrick Aebischer appelle à sortir de cette vision étroite. Pour lui, c'est l'émergence de la compétence helvétique qui a du sens sur un marché compétitif mondial, c'est cet espace commun qu'il faut bâtir, y compris avec la collaboration de la zone bâloise, positionnée sur la recherche chimique.
Alain Jeannet provoque le président de l'EPFL, rendu célèbre par son gestion énergique et efficace de l'école polytechnique: "Etes-vous toujours un scientifique? Vous ressemblez plutôt à un manager..." Se pose également la question du management dit "américain", qui caractérise Patrick Aebischer et dont il se revendique. "Les hautes écoles européennes doivent encore intégrer cette culture, notamment en réunissant les sciences dures et humaines. Sur le long terme, j'ai beaucoup d'espoir et d'ambition pour les universités européennes." A titre d'exemple, le président de l'EPFL cite l'instauration du système de Bologne, colossal au niveau de la coordination européenne, accompli en une décennie seulement. D'ailleurs, il observe déjà que l'Europe des cerveaux monte dans la perception globale: "Les Asiatiques ne veulent plus tout miser sur les universités américaines, il veulent venir en Europe également."
Quant à la Suisse sur cette scène, Patrick Aebischer y croit fermement. Pour lui, le pays fait partie des grandes nations au niveau de l'enseignement et de la recherche. Ce qu'il manque encore aux institutions helvétiques, c'est la valorisation des découvertes. "Rien que l'année dernière, 20 start-ups ont été créées à l'EPFL, c'est autant qu'au MIT de Boston! 2000 emplois seront créés prochainement dans la région, alors que l'économie mondiale est en pleine crise." Entre les lignes, le public comprend que Patrick Aebischer veut insuffler la confiance en soi aux institutions suisses.
Dans l'assistance, l'ancien président du Conseil des EPF Francis Waldvogel questionne Patrick Aebischer sur les possibilités de rapprochement entre l'école de Zurich et de Lausanne afin de réaliser des économies d'échelle. Aebischer se montre sceptique et qualifie d'illusion la possibilité de réaliser des économies significatives. Il cite le master en technologies nucléaires, mené conjointement entre les deux sites, afin de démontrer que la collaboration existe déjà. Cependant, il juge improbable de répartir les grands domaines d'enseignement et de recherche entre Lausanne et Zurich, car c'est aussi cette diversité qui crée la richesse de l'offre helvétique.






C’est en train de changer: à l’instigation
de la conseillère aux Etats Géraldine Savary, un groupe de politiciens,
de tous les partis, veut faire de la 3e voie une priorité absolue.
Quitte à remettre en question quelques principes fédéralistes
sacro-saints. Comme le saucissonnage des crédits pour satisfaire, de
manière scrupuleusement égalitaire, à tous les besoins régionaux
particuliers. Appuyés par un groupe de personnalités du monde
économique et académique sollicitées par L’Hebdo, tels que Stéphane Garelli (IMD), Chantal Balet (consultante), Pascal Décaillet
(Léman Bleu), Patrick Aebischer (EPFL), Jean-Claude Biver (Hulot),
Daniel Rossellat (Paléo), Stéphane Pictet (Romandie.com), Dominique
Arlettaz (UNIL) et Robin Cornelius (Switcher), ils affirment que ce
projet est essentiel. Et qu’il bénéficie à l’ensemble de la Suisse
occidentale. Et pas seulement à la région lémanique.
Les commentaires récents