Le Forum 2008

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Les archives du Forum

  • Qu'est-ce que le Forum des 100?
    Les "100": alumni 2005/06/07 (PDF)

    Le programme du Forum 2005 (PDF 60Kb)
    Le programme du Forum 2006 (PDF 100Kb)
    Le programme du Forum 2007 (PDF 140Kb)
    Le programme du Forum 2008 (PDF 200Kb)

    Tout le Forum des 100 en vidéo:
    - édition 2005 sur le site du CERN
    - édition 2006 sur le site de l'UNIL
    - édition 2007 sur le site de l'UNIL

    Parmi les speakers 2005:
    Pascal Couchepin, Conseiller fédéral: "La Suisse Romande, une région apprenante?" (PDF 778Kb)
    Christoph Koellreuter, directeur BAK Basel Economics: "Métropoles européennes, l'Arc lémanique, MiIttelland et leurs concurrents."" (PDF 322Kb)
    Ralph Lewin, président du Conseil d'Etat de Bâle-Ville: "Bâle, une région frontalière pionnière en Suisse" (PDF 592Kb)
    Marie-Hélène Miauton, directrice de M.I.S Trend: "Le système de formation suisse: sondage" (PDF 642Kb)
    Benedikt Weibel, directeur des CFF: "En gare, les trains, la vie, la ville" (PDF 1.7Mb)

    Parmi les speakers 2006:
    Gerhard Schroeder, ancien Chancelier allemand, répond aux invités du Forum (PDF 331Kb)
    Olivier Steimer, Président BCV: "Les métiers bancaires de demain" (PDF 163Kb)
    Laurent Miéville, fondateur Unitec: "Comment transformer la recherche en emploi" (PFD 565Kb)
    Marie-Hélène Miauton, directrice de M.I.S Trend: "Comment va le travail en Suisse: sondage" (PDF 521Kb)
    Beat Bolzhauser, directeur Stadler Stahlguss Biel: "Le miracle de la fonderie de Bienne" (PDF 510Kb)

    Parmi les speakers 2007:
    Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération: La Suisse dans le monde (PDF 71Kb)
    Suren Erkman, professeur UNIL: "L'écologie industrielle, avenir de l'économie" (PDF 591Kb)
    Pierre Varenne, directeur Conception et Développement Michelin: "Voiture Hy-Light: Hydrogène et mobilité" (PFD 694Kb)
    Marie-Hélène Miauton, directrice M.I.S Trend: "Les Suisses et les questions environmentales: sondage" (PDF 654Kb)
    Alexander Zehnder, président Conseil Ecoles Polytechniques Fédérales: "La société à 2000 Watts" (PDF 291Kb)

43 posts de la catégorie "ForumDes100"

lundi 17 mars 2008

Le Forum des 100 fait des petits

Forumdesetudiants Dans le cadre du Salon des Etudiants qui s'est déroulé la semaine passée à Lausanne, un "Forum des étudiants" était organisé pour la première fois, inspiré de la formule du Forum des 100. 26 étudiants "hors du commun" ont été sélectionnés à travers la Suisse romande -- sportifs, organisateurs d'événements, impliqués dans la vie associative ou politique, entrepreneurs, des jeunes qui ont une vie intense à côté de leurs études. Leur portraits ont été publiés dans le magazine Etumag. Et une petite fête/débat les a réunis au Salon.

Ils seront également tous invités à participer au Forum des 100 du 22 mai prochain. Il s'agit de  Cristian Scapozza (géographe du patrimoine), Loïc Etienne (co-fondateur de PolyLan), Melanie Piccard (présidente de Junior Entreprise Genève), Sylvain Nicolier (organisateur du championnat du monde de feuille-caillou-ciseaux), Marc Ferrario (artiste), Olivia De Weck (lieutenant à l'armée), Valentin Monnier (soliste d'opéra), Alexandre Borloz (président d'associations d'étudiants et entrepreneur Internet), Nathalie Grandjean (représentante des jeunes suisses à l'ONU), Matthias Studer (entrepreneur en réparation de iPods et iPhones), Maëlle Willemin (élue au parlement jurassien), Laetitia Henriot (co-présidente de l'assemblée d'école de l'EPFL), Ivan Faustinelli (rédacteur en chef de la radio d'étudiants Fréquence Banane), Bastien Gambarasi (organisateur du Berles Rock Festival), Pierre Lavanchy et Marc Niederhäuser (athlètes -- 400m et 4x100m respectivement -- à la recherche d'une qualification aux JO de Pékin), Morgane Jotterand (joueuse de foot américain), Alexandra Gentile (créatrice de meubles et autres objets en carton), Benoit Delafontaine (champion de Scrabble et d'orthographe), Maude Oswald (musicienne rock),  Coralie Drewniak (travailleuse sociale dans les Noctambus genevois), Charlotte Crettenand (membre de multiples associations),  José Carron (snowboarder pro),  Jean-Edouard Dousse (entrepreneur et sportif) et Adrien Vion (écrivain).

lundi 16 juillet 2007

Un chèque pour Sentinelles

Entre débats et rencontres, il y a un moment pendant le Forum des 100 où l'on attribue un prix en espèces. C'est le "Tirage du Forum", introduit en 2006 et renouvelé cette année: une loterie dont le gagnant, tiré au sort électroniquement parmi les participants à la conférence, remporte un chèque de 5000 francs offert par la Loterie Romande, partenaire du Forum.

Jdgygerf10007 Mais c'est une loterie d'un genre particulier, propre à l'esprit de la manifestation. En effet, le gagnant ne touche pas l'argent. Son  gain est le droit de désigner une organisation à but non lucratif de son choix, basée ou active en Suisse romande, à qui la Loterie Romande versera intégralement les 5000 francs.

Lors du Forum du 31 mai dernier, c'est Jean-David Gyger de l'agence de publicité WGR à Lausanne, qui a symboliquement reçu le chèque (photo) des mains de José Bessard, responsable de la communication de la Loterie.

Il a attribué (sans hésitation) la somme à Sentinelles, l'association d'aide à l'enfance fondée par Edmond Kaiser. Nous lui avons demandé les raisons de ce choix: "J’ai découvert Sentinelles dans les années 80, suite à une annonce dans la presse. J’avais postulé pour un poste au Mali et m’étais retrouvé en lice pour un job d’administrateur en Colombie. Je ne suis jamais parti, mais j’ai été touché par l’engagement dont faisaient preuve les collaborateurs majoritairement bénévoles de cette institution. J’ai également eu la chance de croiser Edmond Kaiser, son fondateur, qui m’avait fortement marqué. Un homme au regard incroyablement profond et humain."

mardi 10 juillet 2007

L'écologie selon Schwarzenegger

Au Forum des 100 du 31 mai dernier, Daniel Brélaz, le syndic de Lausanne, a recommandé l'approche californienne du gouverneur Arnold Schwarzenegger à la crise environmentale: fixer des délais pour des mesures contraignantes en matière d'environment afin de laisser aux entreprises et aux particuliers le temps de s'adapter, mais aussi de s'assurer que l'on obtiendra des effets concrets. Donnant suite à l'intervention de Brélaz, notre correspondante aux Etats-Unis est allé voir quelles mesures a annoncé le gouverneur de Californie -- et pourquoi les experts, écolos comme financiers, pensent que son exemple fera mouche.

-- par Maria Pia Mascaro

Arnold L’environnement, c’est comme le bodybuilding. Enfin, c’est comme ça qu’aime en parler Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie, devenu l’improbable chantre de la lutte contre le réchauffement climatique aux Etats-Unis. «Au début, le bodybuilding ça faisait mauvaise façon, des célébrités le pratiquaient à Hollywood, mais elles n’osaient pas l’admettre», lançait, très sérieux, le mois dernier, Schwarzenegger aux membres médusés du Conseil on Foreign Relations à New York, plus habitués à entendre les grands de ce monde débattre des crises internationales.

«Eh bien, c’est pareil avec l’écologie», poursuit, sûr de son fait, le bodybuildé le plus célèbre du monde. «Il a fallu apprendre à la rendre aussi sexy et à la mode que la musculation.» Le gouverneur californien, que certains surnomment déjà l’Al Gore des républicains, se targue, non sans raison, d’être l’un des artisans de la vague verte qui gagne peu à peu les Etats-Unis. Il ne se contente du reste pas d’en parler. Ce qui lui a valu ces
derniers mois une couverture de Newsweek, des invitations par les cercles politiques les plus prisés et influents de Washington et de New York, des sollicitations par tous les plateaux de télévision. Surtout, il est aujourd’hui le républicain le plus détesté à la Maison-Blanche.

En septembre dernier, à quelques mois d’une réélection loin d’être assurée, l’ancien Monsieur Univers, qui a rangé son écurie de sept Hummer au garage, ces 4x4 qui sont au civil ce que le Humwee est au militaire, part en campagne à bord d’un bus repeint en vert et arborant une image du spectaculaire massif du Yosemite sur le flanc. Il signe peu après la loi AB32, le texte législatif le plus drastique adopté à ce jour pour réduire les gaz à effets de serre aux Etats-Unis. D’ici 2020, les émissions de CO2 devront être ramenées au niveau de 1990, soit une baisse de 25%, puis de 80% d’ici à 2050. Principales industries visées: les constructeurs automobiles, les raffineries, les cimenteries...

La loi n’entrera en vigueur qu’en 2012, mais déjà l’Air Ressource Board (ARB), l’agence chargée de son application, planche sur les premières mesures «précoces» à mettre en place, si possible dès 2009. «Nous préparons un système de déclarations obligatoires du niveau d’émissions et la liste des industries à inclure», explique BreAnda Northcutt, porte-parole d’ARB. «Les compagnies qui réduiront leurs émissions avant 2012 recevront des crédits sous une forme ou une autre.»

Déjà, certains secteurs industriels tremblent. David O’Hare, vice-président de Portland Cement Association, qui regroupe des cimenteries aux Etats-Unis et au Canada, doute que ces grosses émettrices de CO2 puissent respecter le délai. «Il nous faut une transition plus longue pour mettre en place un système de capture des gaz avant qu’ils ne soient libérés dans l’atmosphère, la technologie n’est pas au point.» Se faisant tour à tour menaçant, puis dépité, David O’Hare affirme: «Nous devrons augmenter la part de ciment importé et fermer des cimenteries californiennes, ou alors délocaliser.» La grogne n’est pas spécifique à son secteur.

Lire la suite "L'écologie selon Schwarzenegger" »

lundi 25 juin 2007

L'équipe du Forum

Trois semaines sont passées depuis le Forum des 100, édition 2007. Nous avons reçu beaucoup de commentaires et suggestions -- merci!. Nous allons les intégrer dans le travail de préparation du Forum 2008, qui est déjà en cours. La date du prochain Forum sera annoncée bientôt sur ce site et dans L'Hebdo. En attendant, un grand merci à toute l'équipe du Forum des 100 qui a fait un travail exceptionnel et géré les complexes rouages de la conférence sans heurt. Les voici (il en manque un ou deux sur la photo) entourant la responsable opérationnelle du Forum, Massouma Ziai (en bas à gauche) et sa collègue Natacha Décoppet. Merci!

F100staff_2

(Photo Merz)

jeudi 14 juin 2007

Les autoportraits des participants au Forum 2007

Pendant la pause de midi du Forum des 100 du 31 mai dernier, la photographe Nadia Schweizer a monté un petit studio et demandé aux participants de prendre leur autoportrait. Environ 200 d'entre-eux ont joué le jeu: voici le résultat, en séquence rapide (moins de 2 minutes, cliquez sur la flèche pour démarrer l'animation, logiciel Quicktime nécessaire):

 

mercredi 13 juin 2007

Les archives vidéo du Forum 2007

Le Forum des 100, édition 2007 (programme - PDF) a été entièrement filmé et les séquences vidéo sont archivées ici (streaming, logiciel Quicktime 7 nécessaire; quand vous cliquez, une fenêtre va s''ouvrir):

Sessions du matin (Introduction, Miauton, Erkman, Coquelin, Zehnder, Varenne, débat, Hulot et discussion)
Session de l'après-midi (Introduction, Miauton, Calmy-Rey et discussion)

Un grand merci au Service Unicom de l'UNIL pour avoir rendu possible le webcast de la conférence le 31 mai ainsi que pour la mise à disposition de cet archive.

mardi 12 juin 2007

Hulot: "Il est temps que l’humanité se repose les bonnes questions"

Dans une brillante intervention au Forum des 100 (liveblog et extrait vidéo) et en discutant ensuite avec les invités, Nicolas Hulot a démontré que l’écologie est un humanisme.

-- par Antoine Duplan

L’autre jour à la télévision, Nicolas Hulot barbotait dans un banc géant d’anchois, bousculé par les dauphins affamés, torpillé par les fous de Bassan, cerné par les requins. Voilà aujourd’hui l’aventurier dans son habit de conférencier et champion de la cause écologique. D’une élégance décontractée, il gagne l’estrade d’une foulée de Sioux et prend la parole avec la même aisance qu’il a à taquiner le Carcharodon carcharias.

Aventurier, Nicolas Hulot nous a donné à voir la beauté du monde dans ses reportages. Homme de communication, il a réussi à mettre la préoccupation écologique au cœur de la campagne présidentielle française. Il démontre d’emblée dans son allocution que l’écologie n’est pas un dogme obscurantiste, mais un humanisme. Il témoigne de l’empathie avec le monde industriel: «Il est déjà difficile de concilier les enjeux économiques et sociaux. Maintenant, il faut essayer en plus de préserver les richesses d’une planète qu’on découvre toute petite. On se serait bien passé de cette contrainte supplémentaire qui vient charger la barque de l’humanité.»

F10007_hulot L’auteur du Pacte écologique appuie son exhortation sur des observations scientifiques. Mais, déplorant que les intellectuels français aient abdiqué le domaine de l’écologie comme s’il y avait «quelque chose de dégradant à s’impliquer dans cette cause suprême qu’est l’avenir de l’homme», il in-siste sur la dimension humaine et spirituelle du combat, convoquant Bossuet, Hugo, Edgar Morin, Einstein ou René Dubos. «Il est temps que l’humanité se repose les bonnes questions, qu’elle redonne du sens au progrès. Nous ne ferons pas l’économie d’un examen de conscience individuel et collectif.» Les formules-chocs qu’emploie le prophète
d’Ushuaïa ressemblent moins à des slogans publicitaires qu’à des versets bibliques: mé-diter cette nécessité de «passer d’une so-ciété du libre échange à une société du juste échange»…

Au rendez-vous critique du réchauffement climatique, au carrefour d’une crise de civilisation, Nicolas Hulot ne prône pas la décroissance, mais le rééquilibrage. C’est le dernier moment de séparer le génie humain de la folie humaine, ainsi que de rabibocher cet autre couple que forment l’avenir et le progrès. «Personne ne peut se sentir exonéré de cet objectif. Demain dépend de notre volonté collective.»

Pour répondre à l’enjeu «magnifique» du développement durable, il en appelle à trois formes de solidarité. Avec le vivant, car on ne peut se prétendre civilisé quand on pense vivre sur une branche détachée de l’arbre de la création: «De la même manière que nous partageons une communauté d’origine avec tout ce qui vit, nous avons une communauté de destin. Dans la biodiversité résident les clés de l’avenir.» Avec l’espace, car ce sont toujours les mêmes qui trinqueront – comme au Darfour. Avec le futur, car on ne peut spolier nos enfants.
Il s’agit à présent de rassembler la famille humaine, d’abdiquer les mythes d’abondance et de croissance dans lesquels nous avons grandi, de bouter hors de nos sociétés la croissance du jetable, de déplacer la fiscalité du travail sur la fiscalité écologique et environnementale, de réviser la politique agricole commune et les institutions, d’encourager la recherche qui permet de réduire les incertitudes et de valider les décisions politiques...

La vertu n’étant pas spontanée, il faut l’encourager. L’industrie automobile doit-elle absolument faire croire que le bonheur c’est la puissance et vendre des voitures qui roulent à 200 km/heure? Faut-il épuiser les nappes phréatiques pour produire des pommes de terre dont la rondeur flatte l’œil du consommateur? «Il va bien falloir remettre de l’ordre dans ce système. Notre responsabilité de citoyens est immense, conclut Nicolas Hulot. C’est ça l’esprit du Pacte écologique. On a besoin des industriels, des scientifiques, des chercheurs, des consommateurs et des politiques, évidemment, à condition qu’ils acceptent sur cet enjeu de mettre les sempiternelles querelles idéologiques de côté.»

Suite à une question de Jacques Bourgeois, de l’Union suisse des paysans, Nicolas Hulot a encore rappelé que les biocarburants ne sont pas la panacée pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas sur terre assez de surfaces agricoles pour faire à la fois du carburant et des aliments. Et il adoube René Longet, maire d’Onex, en rappelant que le Pacte écologique ne connaît pas de frontières.

lundi 11 juin 2007

Les présentations des orateurs du Forum 2007

Les présentations des orateurs du Forum des 100, édition 2007 peuvent maintenant être téléchargées ici:

  • Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération: "La Suisse dans le monde" (texte intégral du discours, PDF 71Kb)
  • Suren Erkman, professeur UNIL: "L'écologie industrielle, avenir de l'économie" (slides, PDF 591Kb)
  • Pierre Varenne, directeur Conception et Développement Michelin: "Voiture Hy-Light: Hydrogène et mobilité" (slides, PFD 694Kb)
  • Marie-Hélène Miauton, directrice M.I.S Trend: "Les Suisses et les questions environmentales: sondage" (slides, PDF 654Kb)
  • Alexander Zehnder, président Conseil Ecoles Polytechniques Fédérales: "La société à 2000 Watts" (slides, PDF 291Kb)

dimanche 10 juin 2007

Calmy-Rey: La Suisse fait son monde

Le discours tenu par la présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, au Forum des 100 du 31 mai est maintenant disponible en version intégrale ici (PDF 72 Kb). Pendant la conférence elle a également engagé l'audience dans la discussion. Aperçu en quatre thèmes et une citation.

-- par Eric Felley et Yves Steiner


MONDIALISATION ET AIDE AU DÉVELOPPEMENT

La mondialisation, Micheline Calmy-Rey l’a répété, n’a pas que des effets positifs. Chausser des lunettes roses apparaît bien peu utile pour comprendre la réalité mondialisée qui se dessine sous nos yeux. Ainsi, si l’accroissement des richesses a été sans précédent ces vingt dernières années, les écarts de développement n’ont cessé de se creuser. Et l’Afrique subsaharienne demeure le parent pauvre de la planète.
Une situation qui ne laisse pas insensible une présidente de la Confédération sûre qu’un monde plus juste est possible. L’aide publique au développement revêt un aspect crucial, notamment en Afrique. Certes, Micheline Calmy-Rey en convient, les
400 milliards de dollars versés sur le continent africain en un quart de siècle ont parfois manqué leur cible. La lutte contre le communisme ou le terrorisme, les bakchichs pour l’accès aux ressources que renferme le continent, bref, bien des raisons politiques ont souvent guidé l’attribution de l’argent du développement. Résultat, le discrédit a été jeté sur une manne pourtant si nécessaire.
Jusqu’ici, la Suisse a concentré son aide sur la lutte contre la pauvreté, «une aide réelle et efficace» a martelé la cheffe du DFAE. Or, comme elle l’a rappelé, l’année 2007 est décisive. Le Parlement doit se prononcer sur les crédits alloués au développement. Des crédits qui restent modestes en comparaison internationale. Tout juste 0,4% du produit national brut alors que la Suisse envisageait, devant l’ONU en 2005, d’atteindre 0,7%.

LA GENEVE INTERNATIONALE AIDE LA SUISSE

F10007_calmyrey Si la Suisse joue un rôle d’influence et non de puissance dans le monde, c’est grâce à son investissement dans la Genève internationale. La Suisse possède ici un instrument qui lui permet «d’exercer une influence plus que proportionnelle à son poids objectif dans les relations internationales», a dit Micheline Calmy-Rey. Une influence qui se fonde sur deux piliers fondamentaux: celui de l’humanitaire et du commerce international.
Ainsi, la Genève de l’humanitaire regroupe le gotha des organisations du domaine. Du Haut Commissariat aux réfugiés à celui des droits de l’homme, du CICR à la Croix-Rouge, du Conseil des droits de l’homme au futur Forum humanitaire mondial, présidé par Kofi Annan. Tout cela, sans compter avec la multitude d’ONG basées sur place, à l’image de Médecins sans frontières, Human Rights Watch, l’Association pour la prévention de la torture ou l’Organisation mondiale contre la torture. Sans compter aussi sur le terreau intellectuel du lieu, dont l’Institut des hautes études internationales et de développement sera bientôt un élément saillant. Un institut qui comportera, entre autres, un nouveau Centre de compétence en droit international humanitaire et en droits humains pour participer à l’accompagnement académique de la Genève internationale.
Dans le champ du commerce international, Genève peut se targuer de voir installé sur ses rives lémaniques, l’Organisation mondiale du commerce. Une institution qui, avec les autres agences internationales, forme la communauté de la Genève internationale, forte de plus de 35 000 personnes. Et dont le budget annuel s’élève désormais à près de 8 milliards de francs par année. Derrière cela se dessine encore la présence des missions gouvernementales avec l’ancrage de Genève comme point de passage obligé pour 130 000 délégués chaque année.

L’EUROPE DES BILATERALES

Pour Micheline Calmy-Rey, la voie des bilatérales reste aujourd’hui la meilleure solution pour ancrer la Suisse au sein de l’Europe. Faute d’un soutien populaire suffisant, il faut s’en contenter, même si l’exercice est compliqué et que la multitude d’accords bilatéraux avec nos voisins, 120 au total, forme un joli plat de spaghettis. 
Sans s’engager personnellement, la présidente de la Confédération suit la ligne tracée par la majorité du Conseil fédéral qui fixe trois exigences avec nos «partenaires naturels» en Europe: l’autonomie dans nos décisions politiques, des conditions-cadres économiques qui «ne doivent pas évoluer dans un sens qui nous serait défavorable» et enfin le développement d’accords bilatéraux sectoriels pour régler les problèmes. Micheline Calmy-Rey l’a dit, la Suisse n’est plus demandeuse d’accord avec Bruxelles, sauf peut-être un accord-cadre pour chapeauter l’entier de nos accords bilatéraux actuels.
Sur la polémique fiscale lancée par Bruxelles, la conseillère fédérale socialiste a réaffirmé que: «Nul n’a jamais prétendu que la voie des bilatérales serait un chemin parsemé de pétales de rose. Mais nos relations bilatérales sont solides et il est dans l’intérêt des deux parties de les maintenir. La controverse sur les régimes fiscaux cantonaux n’enlève rien à cette constatation.» L’idée d’une adhésion à l’Union européenne n’a donc jamais été aussi lointaine. Et le Conseil fédéral navigue par beau temps: «Il n’y a aucun doute aujourd’hui: les conditions-cadres économiques nous sont favorables et nous disposons d’une marge de manœuvre suffisante dans nos choix politiques en relation avec l’Union européenne.» Restons en là, semble souffler la présidente.

L’INTEGRATION EN AVANT

L’intégration des étrangers occupe une place particulière et importante dans le sens d’une politique globale de nos rapports avec le monde. Micheline Calmy-Rey a insisté sur le fait qu’aujourd’hui la politique intérieure et la politique extérieure sont étroitement liées. Dans son discours, elle a mis dos à dos les extrêmes et plaidé pour «une société respectueuse des différences.» Elle a aussi rappelé que sur le plan national, l’intégration a été le «défi de nos pères» dans les générations précédentes. Aujourd’hui la Suisse est confrontée à un autre défi, dans une société mondialisée. En prenant l’exemple du Kosovo, dont 40 000 ressortissants vivent en Suisse, la présidente de la Confédération veut une politique préventive. Car, au fond, si des problèmes politiques surviennent à nouveau dans cette région des Balkans, il faudra s’attendre à un afflux de réfugiés en Suisse.
Sur ce thème de l’intégration, Micheline Calmy-Rey a décoché quelques flèches contre l’Union démocratique du centre (UDC) et son attitude outrancière, en particulier sur son initiative visant à interdire les minarets. «C’est un projet dangereux et, de mon avis, il est anticonstitutionnel.» Selon elle: «Un clocher d’église et un minaret, c’est la même chose!» Autre pique à l’attention
de l’UDC, elle estime que le problème des réfugiés, qui concerne entre 40 000 et 50 000 personnes, est un phénomène marginal. «On peut s’ouvrir aux autres, si on est bien dans sa peau.» Elle a finalement mis en l’accent sur l’importance économique des étrangers pour la Suisse et la mise en place d’un «contrat d’intégration», une idée dont la socialiste revendique la paternité pour son parti.

VERBATIM

«Les valeurs ne poussent pas sur les arbres. Elles grandissent au cours d’un processus historique, elles naissent dans le discours, dans la pensée, dans la pratique politique, et dans la relation avisée avec la différence. Il nous faut débattre des valeurs, les étudier, les entretenir, les transmettre et, au besoin, les défendre et les assumer. En y regardant de plus près, vous verrez qu’il n’existe pas de valeurs occidentales qui ne seraient pas également des valeurs tout simplement humaines et donc communes à tous. L’unité de la nature humaine est universelle, aussi universelle que le besoin qu’ont les hommes et les femmes d’avoir des valeurs qui les guident, les orientent et protègent leur dignité. En ce sens, les sociétés d’Asie et d’Afrique n’ont pas à suivre le développement historique de l’Occident pour découvrir la nature universelle de ces valeurs. Les valeurs sont universelles, mais cela ne signifie pas qu’elles soient absolues. Les valeurs sont un idéal que poursuivent les sociétés et les individus – chacun à sa façon. Les modalités pour atteindre ces valeurs, les habitudes, les traditions et les pratiques peuvent changer dans le temps et dans l’espace. Les valeurs ne sont pas des prescriptions rigides qui interdiraient ou rendraient impossible toute interprétation ou aménagement autonome.»
Micheline Calmy-Rey

lundi 04 juin 2007

Appel du premier août

Jeudi 31 mai, alors que Micheline Calmy-Rey répondait aux questions des participants au Forum des 100, Emmanuel Gétaz a pris la parole pour lancer un appel à soutenir la Présidente de la Confédération dans sa volonté d'aller au Grütli le 1er août prochain:

Appel aux Suissesses, aux Suisses et à tous les amis de la Suisse.

La volonté de la Présidente de la Confédération de commémorer le 1er août sur la prairie du Rütli est un acte politique important. La Fête nationale, créée au 19e siècle et la prairie du Rütli, lieu historique de la volonté de réunion et de solidarité du peuple suisse, sont deux symboles constitutifs de notre identité et démocratie helvétiques.

Aujourd'hui, cette commémoration est contestée.

Qui a peur de quoi?

Les Helvètes craignent-ils quelques trublions et sont-ils prêts à renier le droit d'évoquer un Pacte fondateur sur une prairie symbolique?

Nous affirmons le droit pour toutes les Suissesses, tous les Suisses, tous les amis de la Suisse et pour la Présidente de la Confédération de se rendre sur la prairie du Rütli pour se retrouver, partager et célébrer le 1er août.

Nous invitons tous celles et ceux qui veulent défendre ce droit à signer cet appel et à se rendre au Rütli, le 1er août prochain.

YVETTE CLERC
ROGER PFUND
EMMANUEL GÉTAZ

Si vous voulez soutenir cet appel, retournez-le avec votre nom, prénom, profession et lieu de domicile à: appeldupremieraout@bluewin.ch 

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