Question numéro 10: le design peut-il changer le monde?
Yves Béhar, designer suisse installé à San Francisco, monte sur scène. Emu de parler pour la première fois en français, dans sa ville natale, il se demande: "Le monde peut-il changer?" Oui!
Il remarque que pour la première fois, la demande de nouvelles technologies excède l'offre. Par exemple, l'industrie automobile européenne, qui est très en retard par rapport à la demande.
Très vite, dans sa carrière, il a vu que le designer figure en bout de chaîne d'un projet, une sorte de décorateur, d'emballeur. Il a souhaité faire autrement. Yves Béhar envoie à l'écran une de ses phrases, qui a fait du bruit:
"La publicité est le prix que les entreprises payent pour manquer d'originalité."
Il explique ensuite la manière de travailler chez fuseproject à San Francisco, où le designer et l'ingénieur oeuvrent l'un à côté de l'autre. Il présente des projets comme Y Water, des bouteilles d'eau qui peuvent être utilisées comme un jeu. Il montre également une image d'une moto électrique en cours de réalisation. Une charge suffit pour rouler 250 kilomètres, roule en pointe à 240 km/h, pas de vibrations.
Yves Béhar présente ensuite à l'écran ses luminaires qui utilisent des LED, ainsi que le Cube, son décodeur pour Canal+.
Pour changer la relation entre le design et le monde, "un design qui a un rôle social". Il est clair qu'un designer amène une valeur monétaire aux entreprises, mais doit aussi porter des valeurs sociales, par exemple dans les énergies renouvelables et le développement durable. Il montre alors le "One laptop per child", le XO, l'ordinateur bon marché. Il annonce qu'un million de ces laptop ont été distribués, et deux millions d'ici la fin de l'année.
Quelle est la différence entre le XO et les netbooks portables que l'on trouve partout? Le XO a été conçu pour des enfants, il peut être utilisé au soleil et sous la pluie, il est robuste. Il existe 400 différents modèles de XO, pour que les enfants sachent lequel est le leur. Ces machines sont reliées entre elles sans fils, pour que les utilisateurs puissent communiquer entre eux, s'envoyer par exemple des dessins.
Cette machine peut fonctionner grâce à des panneaux solaires ou une manivelle par exemple.
Yves Béhar, avec Nicholas Negroponte et le MIT, travaille sur une nouvelle version du XO, avec deux écrans. Il ressemble à un livre et s'ouvre pareil. Il sera technologiquement très avancé. Le rôle du XO, c'est aussi de pousser les industriels du IT à penser aux utilisateurs.
Il montre le NYC Condom, une manière de distribuer des préservatifs gratuitement à New York, où on les trouve partout. Ils sont dans les pubs, les bars, "là où on en a besoin". Aujourd'hui, 40 millions de préservatifs sont distribués ainsi chaque année en ville.
Ce soir, des projets originaux seront présentés à Lausanne, dans le cadre de l'exposition "Sunny Memories", en partenariat avec l'epfl+ecal lab. Par exemple, parmi d'autres objets, un frigo portable pour les médicaments, qui fonctionne à l'énergie solaire.
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