Auteur de La question romande et analyste politique, François Cherix débute son intervention en rappelant le refus, il y a 7 ans, d'un "super-canton" réunissant Vaud et Genève. Sa récente enquête en vue de son ouvrage lui a enseigné divers enseignements, notamment la présence d'une double territorialité: affective, mais aussi liée à des projets et dépassant souvent les frontières cantonales. L'idée d'une instance romande supra-cantonale séduit ainsi les Romands.
Pour François Cherix, le fédéralisme a évolué sans projet à long terme. Ce qui cumule les effets pervers. Ainsi, les grandes régions suisses, espaces essentiels pour résoudre les problèmes, n'ont pas encore de reconnaissance. De même pour les principales Villes du pays au niveau de l'appareil étatique. L'organisation de la Suisse est devenu illisible pour les concitoyens, mais également pour leurs élus.
Le fédéralisme n'offrant pas de réponse satisfaisante à la gouvernance de la Suisse romande, il faut trouver une autre voie. Et ce n'est pas par hasard que l'idée d'un gouvernement romand revienne fréquemment sur la scène. Mais pour l'instant, cette gouvernance repose sur les exécutifs romands et les Conseillers aux Etats. Heureusement, les liens inter-cantonnaux ont évolué, par exemple entre Vaud et Genève sur le dossier de la troisième voie ou dans l'idée d'un grand Canton jurassien lancée par Jean Studer.
On peut donc saluer ces changements de paradigmes, sources de nouvelles dynamiques. La logique de prés carrés a laissé sa place à une logique de projet. Mais ce n'est que la moitié du chemin. Il manque encore une réelle planification. L'espace romand est en train de s'organiser au coup par coup, mais sans la participation des Romands. Il manque une discussion, une validation.
François Cherix propose ainsi plusieurs pistes à explorer pour améliorer cette évolution.
- révolution des esprits qui fasse de l'espace romand non pas un problème, mais une solution
- créer un processus d'émulation grâce aux différents processus en cours en Suisse romande
- organiser une évolution par étapes
- trouver une vision globale
- connecter les Romands à l'organisation de leur territoire
- trouver un mode de gouvernance inter-cantonale
Des voix s'élèvent dans la salle pour interroger François Cherix sur les "débordements" possibles, notamment du côté du Tessin ou de la France voisine. Le propos de l'analyste reste cependant circonscris à la Suisse romande. Mais il n'exclut pas une réflexion trans-frontalière.




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