Paul Coudret, conseiller économique à la BCV, présente la situation économique romande. "Comme l'année dernière, je considère que sa valeur ajoutée reste très élevée, mais je ne suis pas aussi certain qu'avant que l'avenir sera dégagé", lance-t-il en introduction de la table ronde.
Autour du thème "Comment va l'économie romande?", Charles Phillot, CEO de Frewitt, Jean-Marc Jacot, CEO de Parmigiani Fleurier, Patrick Delarive, CEO Groupe Delarive et Philippe Guénat, co-fondateur de Hotels&Patrimoine, donnent la température du tissu économique romand. Un débat modéré par Paul Coudret et par Philippe Le Bé, journaliste économique à L'Hebdo.
C'est d'abord l'horizon des prévisions économiques qui s'est réduit sous l'effet de la crise. "Lorsqu'on questionne les entrepreneurs sur leur santé économique, ils ne parlent plus en mois, mais en semaine, remarque Patrick Delarive. Ils ne peuvent pas voir au-delà." Un avis que corrobore Philippe Guénat, qui avoue que son échelle de prévisions s'est réduite à 48h, notamment sur le taux d'occupation des hôtels.
Surgit ensuite la question des plans de relance. Non seulement pour relancer l'économie, mais aussi parce que les investissements sont devenus indispensables dans plusieurs domaines, comme l'exprime Patrick Delarive, qui évoque les problèmes de logements, la surcharge des transports publics, et bien d'autres choses encore.
Mais la question qui interpelle, c'est celle de l'emploi. Philippe Guénat s'inquiète des poussées syndicales à Genève, qu'il voit influencées par ce qui se passe en France. Des mouvements qui, pour lui, ne sont pas suisses dans leur essence.
Cela soulève également le problème de l'apprentissage, une voie qui est non seulement étranglée par le manque d'offre mais aussi dévalorisée par rapport à la voie académique. C'est là, pour Jean-Marc Jacot, un aspect à travailler, car c'est le "moyen de former des gens qui ensuite aimeront leur métier". Une question de rétribution également, à laquelle Patrick Delarive répond que ses apprentis touchent un salaire de 2500 francs dans les derniers mois de sa formation. Une exception sur le marché.
Le débat s'ouvre au public, lors duquel Maria Roth-Bernasconi, conseillère nationale socialiste, se désespère de la sous-représentation des femmes parmi les intervenants du forum. Ce à qui Bruno Giussani, organisateur de l'évement, réplique qu'il en prend bonne note pour les éditions suivantes.
Marie-Hélène Miauton interpelle les orateurs sur le thème du Swiss Metro, par exemple pour le transport cargo. La directrice de M.I.S. Trend assure que ce moyen écologique trouverait immédiatement des consortiums industriels pour le financement, mais qu'il nécessite les impulsions politiques. Charles Phillot réplique sans tarder: "Swiss Metro était une idée extraordinaire, mais malheureusement, elle venait de Lausanne et pas de Zurich!". La salle part en éclat de rire, se souvenant peut-être que l'année dernière, les difficultés à faire financer la troisième voie CFF entre Lausanne et Genève avait largement alimenté les débats.
Dans la lignée de Mme Miauton, Olivier Feller, directeur de la chambre immobilière vaudoise, demande que les plans de relance investissent massivement dans le développement durable et dans les cleantech (technologies propres).





La crise a touché violemment l'ensemble des secteurs économiques.
Elle aura cependant permis de s'interroger sur les nouvelles mesures à adopter, les nouveautés et les corrections à apporter y compris au niveau des comportements.
L 'essentiel étant de retrouver rapidement un climat de confiance satisfaisant pour relancer la consommation et l'ensemble des secteurs économiques.
Rédigé par: Immobilier | jeudi 07 mai 2009 à 18h28