On pourrait dire que Sergio Marchionne a fait le voyage de Turin pour venir au Forum des 100. Mais ce ne serait pas exact. Depuis 14 ans, le CEO de Fiat en Suisse. De plus, l'homme qui a remis Fiat a flots est dorénavant le vice-président d'UBS. Un attachement à la Suisse qu'il ne craint pas d'exprimer, en anglais cependant: "La Suisse n'est pas une démocratie parfaite. Mais c'est le modèle le plus proche de la société idéale. Lorsque je parle de ce pays à mes collègues qui ne le connaissent pas, ils me regardent avec incrédulité."
Si Sergio Marchionne défend la Suisse face à l'étranger, il défend également l'UBS face aux Suisses, très fâchés par le crise des subprimes. "Les investisseurs ne pensaient pas que les risques qu'ils prenaient avec les crédits à risque étaient si gigantesque." Face au climat actuel, le vice-président d'UBS tempère: "Aujourd'hui, c'est la chasse aux sorcières: on veut punir tous ceux qui étaient aux postes-clé."
Dans un second temps, le PDG de Fiat présente les succès de son entreprise. Des résultats florissants, qui dans certains domaines, sont les plus impressionnants depuis maintenant une décennie. Rendez-vous compte! Rien qu'en 2007, Fiat a vendu 2,2 millions de véhicules dans le monde. Dans le domaine de la voiture de luxe, la célébrissime marque Ferrari a fait des étincelles: 15% d'augmentation du chiffre d'affaires, toujours en 2007. Aujourd'hui, le groupe Fiat représente 185'227 employés dont 67% en Europe. Quelles sont les recettes de ce succès? D'abord, le courage. Lorsqu'il reprend l'entreprise en 2006, Sergio Marchionne décide de licencier 200 cadres. Ce qu'il appelle les perdants structurels. Une couche de cadres qui ne voulait prendre le virage du changement. De cette expérience, il a retenu la nécessité de forger et d'encadrer des leaders.
Dans le débat qui suit, Alain Jeannet s'est demandé pourquoi la Suisse ne se vend pas assez bien. Face à lui, le représentant de la Fiat acquiesce et donne un exemple: Singapour. Dans ce pays, le gouvernement a osé mettre en valeur les talents de demain comme dans le domaine technologique. La Suisse devrait s'inspirer de cet exemple, recommande-t-il. Dans la salle, une autre question fuse: quel sera l'impact de la crise en Suisse? Marchionne le croit: pas si important que cela. Car le secteur des investissements, tant dans la gestion que dans les actifs, était offshore.
Un dernier intervenant s'interroge sur la dérive de la finance actuelle. Et Sergio Marchionne de lui répondre: "Ce n'est pas les banques qui ont créé la crise, elles n'ont fait que leur travail. Par contre, aux USA, le manque de réglementation et le mauvais encadrement de l'activité de certains opérateurs a provoqué la tragédie. Là-aussi, les autorités politiques n'ont pas veillé au grain."





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