Dans une brillante intervention au Forum des 100 (liveblog et extrait vidéo) et en discutant ensuite avec les invités, Nicolas Hulot a démontré que l’écologie est un humanisme.
-- par Antoine Duplan
L’autre jour à la télévision, Nicolas Hulot barbotait dans un banc géant d’anchois, bousculé par les dauphins affamés, torpillé par les fous de Bassan, cerné par les requins. Voilà aujourd’hui l’aventurier dans son habit de conférencier et champion de la cause écologique. D’une élégance décontractée, il gagne l’estrade d’une foulée de Sioux et prend la parole avec la même aisance qu’il a à taquiner le Carcharodon carcharias.
Aventurier, Nicolas Hulot nous a donné à voir la beauté du monde dans ses reportages. Homme de communication, il a réussi à mettre la préoccupation écologique au cœur de la campagne présidentielle française. Il démontre d’emblée dans son allocution que l’écologie n’est pas un dogme obscurantiste, mais un humanisme. Il témoigne de l’empathie avec le monde industriel: «Il est déjà difficile de concilier les enjeux économiques et sociaux. Maintenant, il faut essayer en plus de préserver les richesses d’une planète qu’on découvre toute petite. On se serait bien passé de cette contrainte supplémentaire qui vient charger la barque de l’humanité.»
L’auteur du Pacte écologique appuie son exhortation sur des observations scientifiques. Mais, déplorant que les intellectuels français aient abdiqué le domaine de l’écologie comme s’il y avait «quelque chose de dégradant à s’impliquer dans cette cause suprême qu’est l’avenir de l’homme», il in-siste sur la dimension humaine et spirituelle du combat, convoquant Bossuet, Hugo, Edgar Morin, Einstein ou René Dubos. «Il est temps que l’humanité se repose les bonnes questions, qu’elle redonne du sens au progrès. Nous ne ferons pas l’économie d’un examen de conscience individuel et collectif.» Les formules-chocs qu’emploie le prophète
d’Ushuaïa ressemblent moins à des slogans publicitaires qu’à des versets bibliques: mé-diter cette nécessité de «passer d’une so-ciété du libre échange à une société du juste échange»…
Au rendez-vous critique du réchauffement climatique, au carrefour d’une crise de civilisation, Nicolas Hulot ne prône pas la décroissance, mais le rééquilibrage. C’est le dernier moment de séparer le génie humain de la folie humaine, ainsi que de rabibocher cet autre couple que forment l’avenir et le progrès. «Personne ne peut se sentir exonéré de cet objectif. Demain dépend de notre volonté collective.»
Pour répondre à l’enjeu «magnifique» du développement durable, il en appelle à trois formes de solidarité. Avec le vivant, car on ne peut se prétendre civilisé quand on pense vivre sur une branche détachée de l’arbre de la création: «De la même manière que nous partageons une communauté d’origine avec tout ce qui vit, nous avons une communauté de destin. Dans la biodiversité résident les clés de l’avenir.» Avec l’espace, car ce sont toujours les mêmes qui trinqueront – comme au Darfour. Avec le futur, car on ne peut spolier nos enfants.
Il s’agit à présent de rassembler la famille humaine, d’abdiquer les mythes d’abondance et de croissance dans lesquels nous avons grandi, de bouter hors de nos sociétés la croissance du jetable, de déplacer la fiscalité du travail sur la fiscalité écologique et environnementale, de réviser la politique agricole commune et les institutions, d’encourager la recherche qui permet de réduire les incertitudes et de valider les décisions politiques...
La vertu n’étant pas spontanée, il faut l’encourager. L’industrie automobile doit-elle absolument faire croire que le bonheur c’est la puissance et vendre des voitures qui roulent à 200 km/heure? Faut-il épuiser les nappes phréatiques pour produire des pommes de terre dont la rondeur flatte l’œil du consommateur? «Il va bien falloir remettre de l’ordre dans ce système. Notre responsabilité de citoyens est immense, conclut Nicolas Hulot. C’est ça l’esprit du Pacte écologique. On a besoin des industriels, des scientifiques, des chercheurs, des consommateurs et des politiques, évidemment, à condition qu’ils acceptent sur cet enjeu de mettre les sempiternelles querelles idéologiques de côté.»
Suite à une question de Jacques Bourgeois, de l’Union suisse des paysans, Nicolas Hulot a encore rappelé que les biocarburants ne sont pas la panacée pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas sur terre assez de surfaces agricoles pour faire à la fois du carburant et des aliments. Et il adoube René Longet, maire d’Onex, en rappelant que le Pacte écologique ne connaît pas de frontières.




Avec Nicolas nous sommes tout a fait d'accord, sur le constat de l'urgence.
Par contr,e je trouve dommage, que dans le cadre de son pacte écologique présidentiel et legislative, il n'est pas mis suffisament l'accnet sur la nouvelle méthodologie a mettr ene place, que ce soit au niveau des méthodes de travails que de la conceptios meme des solution.
En urba, on appelle ca, les trois phases de l analyse: Etat, pression, réponse.
Quel est la méthodologie écolo a mettre en avant.
Voila une question, qui devrait de vriamernt permettre d'écologiser les parti traditionnels.
Sinon, je trouve que le formidable essor provoqué par son pacte, es un signe interessant de la santé de la nouvelle génération citoyenne et non pas forcément politique.
en tout cas, merci pour ton effort de sensibilisation, elle nous fait du bien.
Ecologiquement.
Julien
Rédigé par : julien sage | mardi 12 juin 2007 à 12h13
Onajor a écrit:
Les nouvelles technologies sont au centre de l'être humain pour se prouver à lui même qu'il n'est pas un animal et pour les pouvoirs que cette technologies lui donne; mais vu l'état de notre planète le seule technologie qu'il faudrait mettre en avant c'est la technologie de l'amour.
Rêveur.
...j'ajouterai : tout le monde s'en fou.
Rédigé par : reveur | dimanche 17 juin 2007 à 10h26
...le monde s'en fou.
C'est le foutoir, les fous sont toujours au pouvoir... La foule sentimentale s'en fout aussi... On se défoule et on foule au pied notre futur...
Vive Hulot! Espèrons qu'il arrivera à faire bouger les choses, vite!
Rédigé par : Joël | mardi 19 juin 2007 à 12h21