-- par Chantal Tauxe
A l'occasion du Forum des 100, l'institut M.I.S. Trend a mené pour L'Hebdo un vaste sondage auprès des leaders et de la population. Les Suisses sont préoccupés par l'état de la planète, et angoissent d'autant que les politiques tergiversent. Le temps des constats paraît dépassé, l'étude Sophia 2007 révèle une forte aspiration à une action déterminée de l'Etat. L'essentiel des résultats du sondage en sept points (les résultats détaillés sont publiés dans L'Hebdo d'aujourd'hui).
I. Etat de la planète: leaders et population très inquiets
Avec le retour de la haute conjoncture, les Suisses, la population comme les leaders, ont cessé de s'angoisser pour l'emploi. Ce qui les préoccupe désormais, bien plus que l'insécurité et la violence des jeunes pourtant si médiatisées ces derniers mois, c'est l'état de la planète: 55% des leaders, 38% de la population mettent l'environnement en tête de leur inquiétude, devant l'insécurité (16% des leaders, 22% de la population), la crainte du chômage (15% des leaders et 24% de la population)
Le désarroi est réel, d'autant que la population (47%) comme ses élites (68%), ne pense pas que les medias en font trop, mais jugent au contraire que si les associations écologiques alertent assez, l'Etat fédéral, les villes et les cantons, l'école et les associations économiques ne sont pas à la hauteur.
Les scénarios catastrophe prédisant migrations climatiques, disparition des glaciers, désertification du centre de l'Afrique sont tous validés par des majorités de la population. Seule une nouvelle glaciation de l'Europe paraît improbable aux sondés!
II. Réchauffement: des responsabilités partagées
Les activités humaines sont nettement responsables de la détérioration du climat, c'est la conviction de 38% des leaders et de 44% de la population. Montrés du doigt: les transports pour 47% des leaders et le chauffage des locaux (23%). Sur ce point les Suisses semblent assez justement renseignés: en on estime que les émissions de CO2 en Suisse proviennent à égalité des transports et du chauffage, alors qu'au niveau mondial, notamment en Inde, en Chine et aux Etats-Unis, le chauffage surclasse les transports.
III. Environnement: la conscience de pouvoir en faire plus
Seuls 15% des leaders et 5% de la population pensent qu'un changement des comportements individuels serait sans effet sur la consommation d'énergie. Le consensus est immense pour faire un effort.
Parmi les comportements vertueux, il faut noter un engouement pour les produits de saison qu'une visite au supermarché et une lecture attentive des étiquettes démentent: 11% seulement de la population ne prête pas ou peu attention aux produits de saison! )
Mais le porte-monnaie reste un frein: un locataire n'est pas prêt à payer ne serait que 2% de charges en plus pour financer une meilleure isolation des bâtiments. Les propriétaires sont tout aussi réticents à délier les cordons de la bourse. 60% de la population se dit toutefois prête à vivre avec 2 degrés de chauffage en moins.
IV. Des mesures étatiques pour imposer de vrais changements
Que faire? Ce sera à l'Etat de le décider et d'imposer des lois contraignantes, proclament 58% de la population et 65% des leaders. Le temps de la sensibilisation et du pari sur la bonne volonté est révolu.
Si une fiscalité écologique est décidée, elle devra être affectée à des améliorations environnementales précises, estiment 86% des élites. D'accord de payer, mais pour du concret et de l'efficace.
L'interdiction des appareils ménagers voraces, l'aide aux propriétaires pour financer des travaux d'isolation et la généralisation de la taxe poubelle recueillent des majorités.
V. L'épineuse question de la voiture et des transports
41% de la population prétend pouvoir vivre sans voiture, et 56% sans prendre l'avion. Un résultat incroyable. Dans la foulée, une taxe de 10% sur les billets d'avion est acceptée.
La gratuité des transports publics, une baisse de moitié du prix des billets de train, et même deux dimanches par mois sans voiture ravisent la population, beaucoup plus que les péages urbains, le doublement du prix de l'essence ou la vignette à 100 francs. Dans ce chapitre, le clivage avec les élites est massif.
VI. Les choix énergétiques et la question du nucléaire
Pour la première fois depuis que le débat sur le nucléaire a été réouvert, le sondage Sophia documente précisément les avis. Une majorité de leaders privilégie les centrales nucléaires sur les centrales à gaz. La population ne suit pas. De même, l'argument des pro-nucléaires vantant la diminution des émissions de CO2 ne fait pas mouche, il se heurte à 56% d'opposition dans la population. Seule la construction de nouvelles centrales pour remplacer les anciennes bientôt hors service pourrait convaincre: 24% de la population se dit très favorable et 34% prête à entrer en matière.
Parmi les alternatives, le potentiel des éoliennes est totalement sous-estimé, seuls 8% des leaders le cite, alors que les sites recensés pourraient satisfaire 8% de la consommation électrique d'ici deux ou trois décennies.
VII. L'écologie: opportunité ou risque pour l'économie?
Un tiers de la population et 39% des leaders croient au volontarisme: la Suisse pourrait se permettre selon eux de mener une politique écologique qui léserait sa compétitivité économique. Mais il s'agit peut-être plus d'un vœu que d'une conviction. Lorsqu'il faut trancher entre écologie et économie, les avis ne sont pas en phase avec les comportements. Exemple, les canons à neige sont fustigés (à 65% parmi la population), mais les stations qui les utilisent ont fait le plein l'hiver dernier!
Esquissons une conclusion. Lorsque l'emploi et le chômage hantent les cauchemars de M. et Mme tout le monde, les remèdes sont connus: des politiques de relance, une amélioration des conditions-cadres, une meilleure répartition du temps travail, voire un filet social bien tendu pour éviter les chutes fatales. Mais lorsque le public craint de ne plus avoir de glaciers d'ici la fin du siècle, qu'il se demande s'il faut tolérer un mal pour un bien (de nouvelles centrales nucléaires pour préserver l'approvisionnement énergétique), les solutions sont moins évidentes. D'autant que les Suisses affichent une conscience aigüe du fait que le problème du réchauffement ne se résoudra pas par la seule volonté nationale, mais qu'il a une dimension mondiale.




Faire ses courses à pied contribue au réchauffement climatique
Classé en: Général— @ 8:09 pm
Faire ses courses à pied contribue plus au réchauffement climatique que de les faire en voiture. De nos jours, la production alimentaire consomme tellement d’énergie que les émissions de carbone nécessaires pour fournir suffisamment de calories à une personne afin qu’elle puisse marcher jusqu’au magasin sont supérieures à celles émises par une voiture qui roulerait sur la même distance. De fait, si les humains pouvaient faire moins de sport, manger moins et passer la plus grande partie de leur journée à somnoler sur leur canapé, cela aurait une influence bénéfique sur l’effet de serre. Bien sûr, il faudrait aussi qu’ils se souviennent d’éteindre leur télévision au lieu de la mettre en veille.
Ces calculs sont le fait de Chris Goodall, écologiste réputé, auteur de l’ouvrage HOW TO LIVE A LOW-CARBON LIFE, et s’appuyant sur la production de gaz à effet de serre produits par l’agriculture intensive en Europe. “En Grande Bretagne, une voiture standard qui roule sur 5 Km rejettera environ 0.9 Kg de CO2 dans l’atmosphère,” explique t’il en se basant sur les chiffres fournis par le gouvernement et le panel sur le réchauffement climatique. “Si, au lieu de prendre votre voiture, vous décidez de marcher ou de faire du vélo, il vous faudra brûler environ 180 calories pour faire cet effort. Pour les compenser, vous devrez manger environ 100g de boeuf. Mais pour fabriquer ces 100 g de viande, il aura fallu rejeter environ 3,6 Kg de CO2, soit quatre fois plus que la voiture. C’est un fait troublant, mais si vous faites beaucoup de sport et que vous mangez pour compenser l’énergie que vous avez brûlée, ce n’est pas très bon pour l’atmosphère de la planète. Paradoxalement, si vous mangiez moins et utilisiez votre voiture plus souvent, ce serait mieux pour lutter contre le réchauffement climatique.”
M. Goodall, candidat des Verts pour la circonscription de Oxford West & Abingdon, n’est pas le seul chercheur a remettre en question un certain nombre de certitudes sur l’environnement. L’administration ferroviaire du gouvernement britannique (Rail Safety and Standards Board) a démontré que pour une famille moyenne, le fait de prendre un train tracté par une locomotive diesel train est deux fois plus polluant que si la famille avait fait le même trajet en voiture. Et quand vous faites vos courses, le fait d’utiliser des sacs en papier plutôt que des sacs en plastique est beaucoup plus nocif pour l’environnement de la planète étant donné que la fabrication de sacs en papier génère plus de gaz à effet de serre. Sans parler du fait que les sacs en papier prennent plus de place et qu’il faut donc plus de camions pour les amener jusqu’aux points de distribution. C’est du moins ce que dit le Conseil scientifique du gouvernement. . .
Et si, pour avoir la force de marcher jusqu’au magasin, notre écologiste ne mangeait pas de boeuf mais décidait de boire un verre de lait ? Il lui faudrait boire 420 ml, soit les trois quarts d’une bouteille de lait pour récupérer les calories brûlées par son trajet à pied. L’agriculture moderne (y compris les exploitation biologiques) rejettent environ 1,2 Kg de CO2 pour produire cette quantité de lait. Cela pollue toujours plus que si notre écologiste avait opté pour la voiture. . .
Les couches de bébé “écologiques” en tissu sont tout aussi mauvaises pour l’environnement que les couches jetables démontre une étude de l’Environment Agency. Alors que les couches jetables représentent environ 0.1 % du contenu des décharges, les modèles écologiques en tissu consomment énormément d’énergie, d’eau propre et de lessive.
Les sacs en papier contribuent plus au réchauffement climatique que leur équivalent en plastique. Le papier est plus volumineux que le plastique et requiert donc plus de surface de stockage ainsi que plus de camions pour acheminer les sacs vers les magasins.
L’incinération du bois pour produire de l’énergie est plus bénéfique à l’environnement que son recyclage, nous indique une étude du département anglais pour l’environnement (Department for Environment, Food and Rural Affairs).
Si vous avez installé une ampoule “écologique”, vous pouvez annuler l’effet écologique d’un an d’utilisation de cette ampoule, simplement en achetant 1 Kg de légumes importés, même s’ils sont “bio”. Il faut énormément de carburant pour faire venir (surtout par avion) des aliments en Grande Bretagne et la simple consommation d’un kilo de tomates en hiver suffit à invalider tous vos efforts pour réduire vos émissions carbone de l’année passée.
Source : The Times of London - 04/08/2007 - Trad. Grégoire Seither
Rédigé par : Marc | samedi 03 mai 2008 à 09h49
Bonjour à tous,
J'ai remarqué un livre traitant des Changements climatiques et des impacts engendrés... Je pense qu'il peut en intéresser certains:
> Changements climatiques et impacts
De l'échelle globale à l'échelle locale
http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-816-6.html
Cordialement,
GH :)
Rédigé par : GH | jeudi 14 mai 2009 à 14h55