Le Forum 2008

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Les archives du Forum

  • Qu'est-ce que le Forum des 100?
    Les "100": alumni 2005/06/07 (PDF)

    Le programme du Forum 2005 (PDF 60Kb)
    Le programme du Forum 2006 (PDF 100Kb)
    Le programme du Forum 2007 (PDF 140Kb)

    Tout le Forum des 100 en vidéo:
    - édition 2005 sur le site du CERN
    - édition 2006 sur le site de l'UNIL
    - édition 2007 sur le site de l'UNIL

    Parmi les speakers 2005:
    Pascal Couchepin, Conseiller fédéral: "La Suisse Romande, une région apprenante?" (PDF 778Kb)
    Christoph Koellreuter, directeur BAK Basel Economics: "Métropoles européennes, l'Arc lémanique, MiIttelland et leurs concurrents."" (PDF 322Kb)
    Ralph Lewin, président du Conseil d'Etat de Bâle-Ville: "Bâle, une région frontalière pionnière en Suisse" (PDF 592Kb)
    Marie-Hélène Miauton, directrice de M.I.S Trend: "Le système de formation suisse: sondage" (PDF 642Kb)
    Benedikt Weibel, directeur des CFF: "En gare, les trains, la vie, la ville" (PDF 1.7Mb)

    Parmi les speakers 2006:
    Gerhard Schroeder, ancien Chancelier allemand, répond aux invités du Forum (PDF 331Kb)
    Olivier Steimer, Président BCV: "Les métiers bancaires de demain" (PDF 163Kb)
    Laurent Miéville, fondateur Unitec: "Comment transformer la recherche en emploi" (PFD 565Kb)
    Marie-Hélène Miauton, directrice de M.I.S Trend: "Comment va le travail en Suisse: sondage" (PDF 521Kb)
    Beat Bolzhauser, directeur Stadler Stahlguss Biel: "Le miracle de la fonderie de Bienne" (PDF 510Kb)

    Parmi les speakers 2007:
    Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération: La Suisse dans le monde (PDF 71Kb)
    Suren Erkman, professeur UNIL: "L'écologie industrielle, avenir de l'économie" (PDF 591Kb)
    Pierre Varenne, directeur Conception et Développement Michelin: "Voiture Hy-Light: Hydrogène et mobilité" (PFD 694Kb)
    Marie-Hélène Miauton, directrice M.I.S Trend: "Les Suisses et les questions environmentales: sondage" (PDF 654Kb)
    Alexander Zehnder, président Conseil Ecoles Polytechniques Fédérales: "La société à 2000 Watts" (PDF 291Kb)

mercredi 07 mai 2008

Le succès lémanique

Dans son dernier numéro, L'Hebdo a publié en couverture une enquête au titre provocateur: "L'arc lémanique plus fort que Zurich". On y souligne, chiffres et graphiques à l'appui, comment dans l'arc lémanique la croissance économique est actuellement plus forte que dans la région zurichoise; comment les exportations explosent, et pas uniquement dans l'industrie du luxe; comment les multinationales et les chercheurs affluent dans la région, les postes de travail s'y créent, et ils sont souvent occupés par une main-d'oeuvre très qualifiée.

Toutefois, il y a un clivage net entre cette dynamique et sa perception: pour l'énorme majorité des Suisses -- et des Romands -- le seul moteur économique et scientifique de la Suisse reste Zurich.

Téléchargez l'article (6 pages, PDF, 900 Kb) en cliquant ici ou sur l'image ci-dessous.

Arclemanique

mercredi 30 avril 2008

PictoBello à Vevey et au Forum des 100

Créé par le Service culturel de la ville de Vevey et reconduit pour la cinquième année consécutive, PictoBello est une sorte de festival des dessinateurs. Samedi 3 mai, des dizaines de dessinateurs professionnels suisses et étrangers réaliseront un parcours d'oeuvres originales dans les rues de Vevey sur 4 sites simultanément: Place de l'Hôtel de Ville, Grande Place, Place de la Gare et Foyer du Théatre de Vevey (dès 10 heures).

Ils travailleront sur les supports habituellement réservés aux grands affiches pubicitaires, et les travaux, créés sous le regard des curieux, vont ensuite rester visibles jusqu'au 25 mai, avant d'être recouverts par la prochaine inévitable campaigne publicitaire.

Le Forum des 100 a établi cette année un partenariat avec PictoBello. Dans ce cadre, le 22 mai au Forum les dessinateurs de Pictobello réaliseront quatre œuvres monumentales devant le public, en s'inspirant des débats et des idées exprimées à la conférence.

Pictobello

mardi 29 avril 2008

L'Hebdo, nouvelle formule

Hebdonouvelleformule L'Hebdo se présentera demain dans une nouvelle veste graphique et avec une structure remaniée. Principale innovation, la section "Mieux comprendre", axée sur l’approfondissement et le décorticage des questions complexes de l’actualité. Et une nouvelle police de caractères, créée par deux jeunes talents lausannois et baptisée... "Hebdo". La plupart des chroniques sont conservées -- y compris l'incontournable rendez-vous avec le dessinateur Mix&Remix. D'autres ont été ajoutées, notamment une chronique gastronomique.

Seul magazine d'actualité suisse, L'Hebdo sera désormais structuré en trois parties: "Actuels" (axée news de la semaine et sujets incontournables), "Mieux comprendre" (approfondissement et décryptage, essais, pages "Finance", etc) et "Passions" (cinéma, lettres, musique, découvertes, commentaires).

A découvrir au kiosque dès demain, mercredi 30 avril. Bonne lecture! (Et vos commentaires sont évidemment bienvenus).

dimanche 13 avril 2008

Le PIB romand sera dévoilé au Forum

Quel est le poids du canton de Vaud dans le PIB suisse? Jusqu'à jeudi dernier, comme l'a rappelé Paul Coudret, sous-directeur à la BCV, on levait le doigt pour l'estimer comme on essaie de capter d'où vient le vent. Désormais, grâce à l'institut Créa, on sait que le produit interieur brut vaudois vaut 7,4% du PIB suisse et qu'il pèse 35.6 milliards de francs.

Cette mesure précise des richesses créées (et pas des richesses existantes) permet de distinguer la part des différents secteurs économiques. Le secteur primaire (agriculture) ne représente plus que 1,9% du PIB, le secteur secondaire (industrie et construction) 23%, le tertiaire (services) 75,3 %.

Fruit d'une collaboration entre les différents acteurs de l'économie vaudoise, le PIB vaudois pourra bientôt être comparé avec celui des autres cantons romands: lors du Forum des 100 du 22 mai, une étude complète sur le PIB romand sera en effet dévoilée.

lundi 24 mars 2008

La bande-annonce du Forum 2008

Bande-annonce du Forum des 100, édition 2008 (version Vimeo ou version YouTube), réalisée par Thierry Weber, mars 2008.

mardi 18 mars 2008

Bertrand Piccard: La Suisse doit devenir une Sustainability Valley

Bertrandpiccard

Un événement très exceptionnel s'est déroulé aujourd'hui à Berne: un citoyen ne faisant pas partie des élus membres des Chambres a tenu un discours à la tribune du Conseil national. Bertrand Piccard (photo), leader du projet d'avion solaire Solar Impulse , qui a été invité à s'exprimer devant plusieurs dizaines de députés. Dans un discours d'une quinzaine de minutes, il a décrit le projet comme un symbole et lancé un appel à la classe politique pour que la Suisse "retrouve son leadership". Piccard avait tenu un discours similaire au Forum des 100 de 2006 (vidéo ici, dernier discours de la session du matin).

Extraits de son discours d'aujourd'hui:

"La Suisse doit impérativement explorer de nouvelles voies. Et je n’en vois pas d’autre que celle du développement durable. Malheureusement, nous n’en prenons pas le chemin. Pourtant ce n’est pas le savoir faire qui manque, c’est le courage de passer de l’idée à sa mise en œuvre. Nous devrions déjà occuper les avant-postes dans de nombreux domaines : technologies propres, efficience énergétique, énergies renouvelables. On connaît la Silicon Valley, pourquoi la Suisse n’est-elle pas déjà devenue la Sustainability Valley? 

C’est ce symbole que désire véhiculer le projet Solar Impulse. Un avion capable de voler jour et nuit à l’énergie solaire, jusqu’à accomplir un tour du monde sans aucun carburant ni pollution, est notre façon à nous  d’attirer l’attention sur l’énorme potentiel de l’efficience énergétique et des énergies renouvelables. Cet avion n’est plus un rêve ; une équipe de 50 spécialistes dirigés par mon partenaire André Borschberg y travaillent depuis 4 ans. C’est un projet dont les racines sont profondément suisses : l’avion est construit actuellement à Dübendorf et volera l’année prochaine à Payerne, il mobilise autant les cerveaux de l’EPFL que ceux de l’ETHZ, il bénéficie du savoir-faire du Swatch Group, du soutien des autorités et de nombreuses PME suisses.

Mais Solar Impulse n’est pas qu’un avion solaire, c’est avant tout la volonté de communiquer un état d’esprit. (...)  Je crois à la force de ce symbole, mais à condition de tout mettre en œuvre pour le concrétiser au quotidien. Si un avion peut voler de nuit comme de jour sans carburant, qu’on ne vienne pas nous dire que notre société ne peut pas s’affranchir des énergies fossiles. Nos voisins l’ont déjà compris. Le parlement européen nous a d’ailleurs invités pour lui présenter Solar Impulse en avril, car l’Europe y voit un exemple de ce qui peut être fait en termes de nouvelles technologies propres.

C’est dans ce domaine-là que la Suisse doit exceller (...) Et cela indépendamment de la stricte problématique environnementale. Le prix des énergies fossiles, limitées en quantités, ne peut que croître et progressivement étouffer notre productivité, avec tous les troubles sociaux que cela impliquera quand certaines couches de la population n’auront plus de quoi payer l’énergie dont elles auront besoin. (...)  De l’autre côté, le prix des énergies renouvelables, illimitées en quantité, ne peut que diminuer, avec des débouchés industriels et financiers fantastiques pour ceux qui auront su les saisir. Voilà où la Suisse aurait dû se positionner il y a 10 ans déjà, avant que l’Allemagne ne devienne le deuxième producteur mondial de panneaux solaires et le Danemark le leader en éoliennes. 

Or je vois que nous partons dans la direction opposée.  On pense répondre à une future pénurie d’énergie par la construction de nouvelles centrales qui engendreront de petits bénéfices locaux. Cela manque totalement de vision politique. Ce dont a besoin notre économie pour générer un profit important, c’est d’un cadre légal qui empêche le gaspillage actuel, et des normes très strictes en termes de consommation énergétique et de production de CO2.  Il faut inciter, voir contraindre, la  population et l’industrie à entrer dans cette logique pour à la fois lutter contre les changements climatiques et booster notre économie à l’interne et à l’exportation. 

Cela est possible sans affecter notre mobilité et notre niveau de vie. (...) Pourquoi ne pas se fixer un objectif ambitieux ? Pourquoi ne pas donner à la population l’objectif d’économiser 30 % d’énergie en une décennie?
Quand JF Kennedy a donné comme but d’envoyer dans les 10 ans un homme sur la Lune, il a soulevé l’enthousiasme de toute une nation. Faisons de même aujourd’hui, non pas pour conquérir une autre planète, mais pour vivre mieux sur la nôtre. 

Il est clair que la seule promotion des énergies renouvelables est inutile tant que l’on n’aura pas réussi à maîtriser notre consommation. Il en est de même pour Solar Impulse. Pour pouvoir se satisfaire de la seule énergie solaire, toute la technologie de l’avion tourne autour de la recherche d’une réduction drastique des besoins. Si le pilote de l’avion solaire n’optimise pas la gestion de son énergie, ses batteries seront vides avant le lever de soleil suivant et le vol s’arrêtera. Et si notre société ne fait pas de même, elle tombera en panne avant la génération suivante.

C’est de cela que la Suisse a besoin. Pas parce que c’est facile, mais parce que cela nous conduira vers le succès. Soyons à nouveau des pionniers, des visionnaires, comme nos ancêtres ; pas seulement pour le bien de la nature, mais surtout et avant tout pour le bien de notre économie nationale et de la place de notre pays dans ce monde. 

Est-ce encore temps pour la Suisse ? J’espère profondément que oui. Mais pour cela, il vous faut impérativement introduire le cadre légal qui oblige malgré elles l’industrie et l’économie et à relever cet extraordinaire défi, et cela sans clivage gauche-droite, car tout le monde en profitera."

lundi 17 mars 2008

Le Forum des 100 fait des petits

Forumdesetudiants Dans le cadre du Salon des Etudiants qui s'est déroulé la semaine passée à Lausanne, un "Forum des étudiants" était organisé pour la première fois, inspiré de la formule du Forum des 100. 26 étudiants "hors du commun" ont été sélectionnés à travers la Suisse romande -- sportifs, organisateurs d'événements, impliqués dans la vie associative ou politique, entrepreneurs, des jeunes qui ont une vie intense à côté de leurs études. Leur portraits ont été publiés dans le magazine Etumag. Et une petite fête/débat les a réunis au Salon.

Ils seront également tous invités à participer au Forum des 100 du 22 mai prochain. Il s'agit de  Cristian Scapozza (géographe du patrimoine), Loïc Etienne (co-fondateur de PolyLan), Melanie Piccard (présidente de Junior Entreprise Genève), Sylvain Nicolier (organisateur du championnat du monde de feuille-caillou-ciseaux), Marc Ferrario (artiste), Olivia De Weck (lieutenant à l'armée), Valentin Monnier (soliste d'opéra), Alexandre Borloz (président d'associations d'étudiants et entrepreneur Internet), Nathalie Grandjean (représentante des jeunes suisses à l'ONU), Matthias Studer (entrepreneur en réparation de iPods et iPhones), Maëlle Willemin (élue au parlement jurassien), Laetitia Henriot (co-présidente de l'assemblée d'école de l'EPFL), Ivan Faustinelli (rédacteur en chef de la radio d'étudiants Fréquence Banane), Bastien Gambarasi (organisateur du Berles Rock Festival), Pierre Lavanchy et Marc Niederhäuser (athlètes -- 400m et 4x100m respectivement -- à la recherche d'une qualification aux JO de Pékin), Morgane Jotterand (joueuse de foot américain), Alexandra Gentile (créatrice de meubles et autres objets en carton), Benoit Delafontaine (champion de Scrabble et d'orthographe), Maude Oswald (musicienne rock),  Coralie Drewniak (travailleuse sociale dans les Noctambus genevois), Charlotte Crettenand (membre de multiples associations),  José Carron (snowboarder pro),  Jean-Edouard Dousse (entrepreneur et sportif) et Adrien Vion (écrivain).

jeudi 13 mars 2008

La 3ème voie Lausanne-Genève: une priorité absolue

Lhebdo12mars083emevoie

Faisons un effort d’anticipation. Et imaginons le visage de la Suisse romande dans quinze ou vingt-cinq ans. Pourra-t-elle se targuer encore d’être parmi les régions les plus dynamiques (et les plus agréables) d’Europe? Ou la métropole lémanique sera-t-elle alors menacée d’insignifiance, en déclin économique, un petit point toujours plus pâle sur la carte du monde? La réponse dépend de décisions prises aujourd’hui. Par exemple dans le domaine des transports.

L’axe Lausanne-Genève est emblématique: les trains sont bondés, les cadences restent cruellement insuffisantes. Sur l’autoroute, 60'000 à 80'000 véhicules circulent chaque jour,
souvent au ralenti. Ça n’est qu’un début. Au rythme où le trafic augmente, l’étouffement est programmé. Une 3e voie ferroviaire réglerait le problème. Et, pourtant, on roupille. Incompréhensible!

Lhebdo12mars083emevoiecover C’est en train de changer: à l’instigation de la conseillère aux Etats Géraldine Savary, un groupe de politiciens, de tous les partis, veut faire de la 3e voie une priorité absolue. Quitte à remettre en question quelques principes fédéralistes sacro-saints. Comme le saucissonnage des crédits pour satisfaire, de manière scrupuleusement égalitaire, à tous les besoins régionaux particuliers. Appuyés par un groupe de personnalités du monde économique et académique sollicitées par L’Hebdo, tels que Stéphane Garelli (IMD), Chantal Balet (consultante), Pascal Décaillet (Léman Bleu), Patrick Aebischer (EPFL), Jean-Claude Biver (Hulot), Daniel Rossellat (Paléo), Stéphane Pictet (Romandie.com), Dominique Arlettaz (UNIL) et Robin Cornelius (Switcher), ils affirment que ce projet est essentiel. Et qu’il bénéficie à l’ensemble de la Suisse occidentale. Et pas seulement à la région lémanique.

C’est en 1858 qu’on a construit la première voie ferroviaire Lausanne-Genève. La deuxième a été inaugurée en 1872, soit quatorze ans plus tard. Serons-nous capables de construire la troisième en moins d’une génération?

Téléchargez ici le dossier complet
(PDF, 800 KB) publié dans L'Hebdo aujourd'hui.

Lors du Forum des 100 du 22 mai prochain, un débat sera consacré aux infrastructures nécessaires à assurer la prospérité économique future de la Suisse romande.

mardi 11 mars 2008

Eveline Widmer-Schlumpf au Forum 2008

Marchionnewidmerschlumpf2 La Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, cheffe du Département fédéral de justice et police, figurera parmi les intervenants de l'édition 2008 du Forum des 100 de L'Hebdo. Mme Widmer-Schlumpf donnera à cette occasion sa première conférence publique en Suisse romande depuis son élection au gouvernement fédéral en décembre dernier.

Comme nous l'avons annoncé récemment, Sergio Marchionne, PDG de Fiat, Président de SGS et membre du Conseil d'UBS, sera également parmi les orateurs.

La conférence se déroulera le jeudi 22 mai 2008 à l'UNIL, sous le thème "Créativité/Compétitivité". Parmi les nombreux autres speakers ayant confirmé leur présence: les Conseillers d'Etat François Longchamp (Genève), Pascal Broulis (Vaud) et Jean Studer (Neuchâtel), le directeur de l'ECAL Pierre Keller, le créateur d'automates François Junod, le fondateur de Créaholic Elmar Mock, la directrice de MIS-Trend Marie-Hélène Miauton, le Président du Conseil d'administration d'Agen Holding Raymond Lorétan, ainsi que le Président du Centre de politique de sécurité de Genève François Heisbourg.

Le programme du Forum sera publié dans les prochaines semaines. La participation n'est possible que sur invitation.

jeudi 17 janvier 2008

Consommation d'énergie: plan d'action pour la Suisse

-- par Alain Jeannet

Hebdocover17janvier07 Vingt-cinq centimes? Cinquante centimes? Quelle que soit l’augmentation du prix du litre d’essence proposée par Moritz Leuenberger, il faut se préparer à de belles empoignades. Le conseiller fédéral devrait publier bientôt son plan de lutte contre le réchauffement climatique − dont la fameuse taxe CO2 sur les carburants. Et tout indique qu’il sera froidement accueilli. Parce que toucher au porte-monnaie des automobilistes, c’est limiter ce qui est désormais considéré comme un droit fondamental, celui de se déplacer. Parce que, dans le cas précis, il s’agit de réinjecter le fruit de cette nouvelle taxe dans les assurances sociales. Un non-sens. Parce que cette mesure n’aura pas d’impact sur la consommation. Et donc pas d’effet bénéfique sur l’environnement. Malgré la hausse brutale de l’essence, ces douze derniers mois, les Suisses n’ont jamais autant roulé, il faut bien le reconnaître.

Le projet de taxe CO2 peut provoquer l’enlisement dans des querelles stériles. Ou alors relancer le débat sur la politique énergétique de la Suisse. C’est en tout cas ce qu’espèrent les chercheurs, les politiciens et les industriels interpellés par L’Hebdo. Chacun à leur manière, ils proposent des pistes à Moritz Leuenberger, responsable à la fois des Transports, de l’Energie et de l’Environnement, mais qui n’a pas su jusqu’ici profiter de sa position pour proposer un vrai plan. Et préparer, à terme, la fin du pétrole, du charbon, de l’uranium.

D’abord, les mesures d’économie. Notre groupe d’experts en dégage une dizaine qui permettraient des résultats spectaculaires (et rapides) pour améliorer notre efficacité énergétique quotidienne: chauffage, transports, électroménager... On sait par exemple que les immeubles Minergie sont quatre à cinq fois moins énergivores que la plupart des bâtiments existants. Mais ça n’est pas tout.

Dans sa réponse à la lettre de Peter Bodenmann, publiée dans L'Hebdo aujourd'hui, le président de Swatch Group, Nicolas Hayek, explique pourquoi il croit au potentiel du solaire et de l’hydrogène. Son axiome de base: à supposer que l’on puisse, dans un pays comme la Suisse, stabiliser puis diminuer notre consommation d’énergie, il en sera de toute façon autrement à l’échelle du monde. On connaît la soif des Chinois, des Indiens et de tous les autres pays en plein décollage économique. Difficile aussi d’imaginer que l’on puisse brider leurs envies de consommer et de voyager. Voilà pourquoi il faut investir massivement dans les énergies renouvelables. Avec un baril à 100 dollars, elles deviennent enfin concurrentielles.

Toujours dans L'Hebdo, le même Bodenmann poursuit sa réflexion et propose une politique pour «reconnecter» la Suisse, autrefois leader dans les technologies propres. S’il se montre optimiste pour des pays comme l’Allemagne, il manifeste aujourd’hui le plus grand scepticisme face à une Suisse détentrice de savoir-faire uniques, mais qui peine à les exploiter. Pour lui, c’est à l’étranger qu’on finira par créer les nouveaux emplois de cols verts. Et pas chez nous. Après le virage raté de l’informatique, celui des nouvelles énergies? A moins de suivre les injonctions de Nicolas Hayek. Ou celles d’un vétéran de l’industrie automobile, le Suisse Bob Lutz, de General Motors, grand promoteur (récemment converti) de la voiture électrique.

Pour les élections fédérales, la plupart des partis, de droite comme de gauche, avaient repeint leur façade en vert. Ils semblent avoir oublié, depuis, leurs discours tonitruants sur le mariage de l’écologie et de l’innovation. On attend désormais du PDC, des radicaux mais aussi des socialistes, qu’ils reprennent sérieusement le débat. Qu’ils suivent l’exemple des Sarkozy, Schwarzenegger et autre Angela Merkel.

Et qu’ils passent à l’acte.

Téléchargez l'article "La Suisse face à sa révolution écologique" publié aujourd'hui dans L'Hebdo (6 pages, PDF 640 KB)

jeudi 11 octobre 2007

Sergio Marchionne au Forum 2008

Sergiomarchionne L'équipe du Forum est en train de peaufiner le programme de l'édition 2008, qui se déroulera le 22 mai. Parmi les orateurs figurera le PDG de Fiat Sergio Marchionne, également Président de SGS et membre du Conseil d'administration de UBS. Marchionne est considéré l'artisan de la renaissance de Fiat, y compris le lancement récent de la nouvelle "500". (Biographie de Marchionne en anglais sur Wikipedia).

mercredi 10 octobre 2007

Le quatrième Forum aura lieu le 22 mai 2008

Forum2007salle_2 Le quatrième Forum des 100 se déroulera le jeudi 22 mai 2008 à l'Université de Lausanne.

Après avoir accueilli la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey et Nicolas Hulot (2007), Gerhard Schroeder et Bertrand Piccard (2006), le conseiller fédéral Pascal Couchepin et le philosophe Luc Ferry (2005), ainsi que de très nombreux autres speakes de tous horizons -- et jusqu'à 650 participants -- l'équipe du Forum prépare actuellement le programme 2008. Il sera dévoilé au début de l'année.

Pour des raisons logistiques, la participation à la conférence ne sera possible que sur invitation. Comme par le passé, toute la conférence sera retransmise en vidéo sur le web. Des informations supplémentaires seront diffusées régulièrement sur ce site. Vos commentaires et suggestions sont bienvenus.

jeudi 13 septembre 2007

Ecologie: l'aveuglement du patronat suisse

-- commentaire de Philippe Le Bé

Ainsi, aux yeux de Gerold Bührer, "il n’est pas possible de répondre au défi climatique avec une politique qui se soustrait aux principes économiques". Et le président d’economiesuisse de tirer à boulets rouges sur les récentes mesures de protection de l’environnement proposées par le conseiller fédéral Moritz Leuenberger.

Visiblement, à force de regarder l’avenir dans un rétroviseur, le patronat suisse n’a encore pas mesuré l’ampleur des bouleversements climatiques qui nous menacent de manière toujours plus tangible, jour après jour. Il n’a pas saisi que, sans mesures de contrainte, il est vain d’escompter un quelconque changement des comportements individuel et collectif dans la lutte contre les émissions de CO2. Non seulement une taxe écologique élargie aux carburants s’impose, mais elle devrait être sensiblement plus lourde. A condition, comme le suggère avec sagesse Alexander Zehnder, président du conseil des Ecoles polytechniques fédérales, que son augmentation vers un niveau très élevé, connu dès aujourd’hui, soit progressive. Ainsi, les entrepreneurs comme les ménages, avertis de ce qui les attend s’ils ne font rien, auraient le temps de se préparer sérieusement.

Quant aux réflexions du genre «c’est aux autres pays qui polluent le plus de faire des efforts, nous avons assez donné», elles révèlent un comportement infantile et irresponsable. En matière de respect de la biodiversité, par exemple, la Suisse est bien loin d’avoir un comportement exemplaire.

Au vrai, n’en déplaise à Gerold Bührer, toute politique économique qui cherche à se soustraire aux principes de l’écologie sera, plus rapidement qu’on ne l’imagine, vouée à un échec cuisant.

mercredi 05 septembre 2007

Le plan Hayek pour l'énergie propre - suite

Articlehayeksml Dans L'Hebdo d'aujourd'hui, la suite de l'article d'il y a deux semaines sur le plan de Nicolas G. Hayek et ses partenaires pour développer un moteur à pile à combustible et un électrolyseur capable de produire l'hydrogène nécessaire en exploitant l'énergie solaire.

L'article (qu'on peut télécharger ici en PDF: 5 pages, 1.3 MB) détaille le projet, révèle les partenaires (PSI, Groupe E, Deutsche Bank, Swatch Group, etc), et nomme les visages connus qui y sont associés, dont l'acteur/activiste George Clooney et l'ex-astronaute Claude Nicollier.

Nous publions également une interview de Hayek: "Le jour s'approche où les puits de pétrole seront épuisés. Les énergies traditionnelles et non renouvelables sont concentrées dans certaines régions du monde. Il faut mettre un terme à cette dépendance. Si nous réussissons notre projet, nous donnerons à la Suisse - et au monde - la liberté énergétique."

vendredi 24 août 2007

Voiture propre: le nouveau plan Hayek

Exclusif. La pile à combustible est l’avenir de l’automobile. Dix ans après la Smart, Nicolas Hayek et ses partenaires veulent positionner la Suisse en pointe des énergies propres. Par Bruno Giussani et Alain Jeannet.

(Cet article peut aussi être téléchargé ici en format PDF)

Planhayek_aout07 Décidément, Nicolas Hayek ne renonce jamais. On savait qu’il jouait, depuis son retrait de l’aventure Smart, avec l’idée d’un moteur révolutionnaire. Le voici enfin, son nouveau plan: la production de voitures propres, fonctionnant grâce à une pile à combustible (PAC). Ses partenaires: l’entreprise d’électricité fribourgeoise Groupe E et les Ecoles polytechniques fédérales – plus spécifiquement l’Institut Paul Scherrer. Une société commune devrait être créée ces prochains jours. Son nom? Il reste à trouver. L’actionnaire majoritaire? Nicolas Hayek. «Regardez par la fenêtre, explique le légendaire entrepreneur. Le climat est devenu fou. Parce que l’homme n’a pas su soigner sa planète. Parce qu’il n’a pas compris la responsabilité qui est la sienne. Je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour accélérer le développement des énergies alternatives et renouvelables. En Suisse comme partout dans le monde, nous allons beaucoup trop lentement.»

Combien Swatch Group, Nicolas Hayek (à titre privé) et ses partenaires vont-ils investir ensemble dans cette entreprise? Dans un premier temps, une somme relativement modeste en regard de l’ambition du projet. Soit entre 20 et 30 millions de francs. Quand ces automobiles vertes seront-elles disponibles sur le marché? Et quelle allure auront-elles? Trop tôt pour le dire. Surtout, le fondateur et président du géant horloger n’envisage pas, cette fois, de construire l’entier du véhicule. Il a tiré les leçons de son difficile partenariat avec DaimlerChrysler et préfère se concentrer sur la fabrication d’un moteur qui sera vendu aux grandes marques automobiles, ou aux futurs constructeurs. Il précise: «Cette technologie existe depuis plusieurs années. Le problème? Elle reste extrêmement onéreuse et peu fiable.» L’objectif consiste donc à faire baisser le coût de revient d’un moteur (actuellement plus de 50 000 francs) à moins de 10 000 francs. Et à le rendre plus résistant.

A L’HORIZON 2010

C’est là qu’intervient l’Institut Paul Scherrer. Les chercheurs zurichois ont développé une technologie PAC particulièrement performante, d’ailleurs déjà testée sur un autre projet avec le fabricant de pneus Michelin celui-là, dont un prototype a été exposé au Forum des 100. Il s’agit maintenant, grâce au savoir-faire et à l’expérience de Nicolas Hayek, de Swatch Group et de l’entreprise Hayek Engineering, de passer, par étapes, au stade de la production industrielle et de la commercialisation. Horizon 2010.

Bien sûr, Swatch Group et ses partenaires ne sont pas les seuls sur le coup – tous les grands constructeurs automobiles travaillent sur leur version d’une voiture fonctionnant sur le principe de la pile à combustible. Ce qui différencie le projet Hayek, c’est qu’il intègre la problématique du ravitaillement en carburant. Le nerf de la guerre, puisque la grande faiblesse des piles à combustible, c’est l’approvisionnement en hydrogène: de grandes quantités d’énergie sont nécessaires pour le produire à partir de l’eau (lire l’encadré).

La beauté et l’originalité du projet Hayek, donc? Grâce aux développements des ingénieurs du Groupe E et au dynamisme de son patron, Philippe Virdis, la nouvelle société n’offrira pas seulement des moteurs automobiles, mais aussi un système d’électrolyse permettant de séparer l’eau en hydrogène et en oxygène, les carburants nécessaires au fonctionnement de la pile à combustible. Et, pour alimenter cet appareil, une installation de panneaux photovoltaïques fixée, par exemple, sur le toit de la maison. En résumé, l’énergie d’origine solaire, combinée à l’eau, permet de faire rouler des voitures sans aucune émission de CO2. La boucle écologique est bouclée.

L’ATOUT DE LA SUISSE

Mais attention: l’ambition de Hayek, Virdis & Co. n’est pas seulement d’appliquer cette technologie à l’automobile. En effet, le même procédé peut être utilisé pour satisfaire les besoins en électricité d’un ou de plusieurs ménages. Objectif: développer et commercialiser une espèce de minicentrale. «Et la faire tenir, à terme, dans un volume équivalent à celui d’une machine à laver le linge», explique Philippe Virdis (un électrolyseur aujourd’hui occupe la taille d’un garage). Un pas de plus est franchi, qui nous rapproche d’une production décentralisée de l’énergie! Qu’il s’agisse de faire fonctionner un fer à repasser, un poste de télévision, un ordinateur... Ou de remplir son réservoir.

On l’ignore trop souvent: la recherche et l’industrie helvétiques sont bien armées pour jouer un rôle de pionnier dans le développement et la production de voitures de nouvelle génération. «Nous sommes à la pointe des technologies de la pile à combustible, souligne encore Alexander Zehnder, le président des Ecoles polytechniques. Et nous devons tout faire pour conserver cette avance.» Il y a plus: l’industrie helvétique exporte déjà chaque année pour 7 milliards de francs de composants automobiles, la plupart à forte valeur ajoutée, sans pourtant abriter de grandes marques. Ce qui lui assure cet avantage précieux: contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, l’introduction de technologies d’avant-garde ne se heurte pas au lobby des constructeurs automobiles établis et à leur réticence à adopter les idées les plus audacieuses. «Si nous voulons vraiment inverser le cours des choses à l’échelle du globe, conclut Nicolas Hayek, il faut repenser de toute urgence et fondamentalement notre manière de nous déplacer. La façon aussi que nous avons de produire et de gérer l’énergie consommée quotidiennement. Je vous le dis: nous, les Suisses, nous sommes sans aucun doute les mieux placés du monde pour provoquer ce changement.»

(Publié dans L'Hebdo du 23 août 2007) 

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